
Accident à Saint Jean de Luz
novembre 8, 2010Saint-Jean-de-Luz (64) : émotion et interrogations après la mort d’un jeune kitesurfeur
Le jeune homme de 28 ans a été propulsé au dessus d’un immeuble et est décédé sur le coup. Cet accident met en lumière la dangerosité de ce sport en cas de gros temps. Trois personnes sont décédées dans la région des suites d’accidents de kite surf ces dernières années (source SO)
Un jeune homme de 28 ans, Adrien Monnoyeur, s’est tué hier à Saint-Jean-de-Luz dans un spectaculaire accident de kitesurf, cette discipline qui consiste à glisser sur une planche de surf en se faisant tracter par un cerf-volant appelé aile.
Ce Toulousain logé au domicile luzien de sa tante pratiquait son sport dans la baie, quand, vers 12h30, il a été emporté par un fort vent ascendant, sans parvenir à se détacher de sa voile.
Le kitesurfeur était semble-t-il trop près du bord lorsqu’il a été pris par ce vent d’une extrême violence. Il a été traîné sur la Grande Plage et a heurté la jetée. Il a ensuite décollé, frôlant le Grand Hôtel situé sur le front de mer. Emporté encore plus haut, Adrien Monnoyeur a ensuite survolé le boulevard Thiers, puis il est passé par-dessus les sept étages de la résidence Eguzkia, percutant au passage une cheminée. Il a heurté le toit d’un immeuble attenant, avant de se détacher de son harnais et de faire une chute de 15 mètres.
Avril 2009 : Sylvain Barrou, 21 ans, étudiant à l’école d’ingénieurs de Bidart (64), est soulevé de terre par une rafale de vent sur la plage de l’Ouhabia. Projeté sur le parking de la plage, il est sévèrement blessé et décède après l’arrivée des sapeurs-pompiers. Selon les spécialistes, les conditions étaient alors défavorables pour tenter une sortie, sur un spot réputé plutôt dangereux en cas de gros temps.
Avril 2003 : Lors d’une après-midi, à La Palmyre (17), quatre kitesurfeurs sont emportés par un coup de vent de 80km/h. Les trois premiers retombent sur le sable, mais Jean-Philippe Louis, pionner de ce sport et figure locale, percute un arbre. Tétraplégique après cet accident, il est opéré à Paris en septembre 2004 afin de lui implanter un stimulateur phrénique lui permettant de respirer en autonomie. Revenu peu après gérer son magasin, le Palmyr Wind, il s’éteint fin janvier 2008.
Novembre 2002 : Un étudiant rochelais décède à Châtelaillon (17) après avoir été soulevé par sa voile, sans pouvoir se détacher. Alors que le vent est fort, des témoins l’ont vu monter à vingt mètres de hauteur avant de retomber sur la plage, de rebondir et de percuter violemment un mur. Evacué dans un état très grave par les pompiers et le SMUR, il est décédé à l’hôpital de La Rochelle.
« C’était tellement rapide »
« J’étais au téléphone avec une amie devant la fenêtre. J’ét
ais en train de lui raconter en regardant la mer que c’était la tempête, quand je l’ai vu passer devant moi à une vitesse folle », confie, très ébranlée, une habitante de l’immeuble. Elle n’a pas compris d’emblée ce qui se passait. « C’était tellement rapide. L’espace d’une seconde, j’ai même cru que j’avais eu une hallucination. »
Elle peine à évaluer à quelle distance il se trouvait de sa baie vitrée lorsqu’il a surgi. Il était en tout cas suffisamment près pour qu’elle puisse voir son visage. « C’était un beau garçon. C’est étrange, je n’ai pas lu de peur dans son visage. Il avait plutôt une expression de surprise, d’étonnement, mais ce n’est que mon sentiment. »
Elle ne réalise pas que le souffle de la tempête l’a emporté par-dessus l’immeuble. Troublée, elle décide quelques minutes plus tard d’aller vérifier que la fenêtre de sa chambre, qui donne sur une arrière-cour, est bien fermée. Là, elle aperçoit le harnais du jeune homme qui pend dans le vide. Il est allongé au sol, sur l’herbe entre une haute haie et le mur d’un autre bâtiment.
Le second accident mortel
Elle n’est pas la seule à avoir assisté au drame en direct. Au Grand Hôtel, clients et personnel sont profondément choqués. Au moment de l’accident se tenait un séminaire de médecins. L’un d’eux, ainsi qu’un ami d’Adrien Monnoyeur, qui faisait lui aussi du kitesurf, courent vers le jeune homme et le trouvent inconscient.
Très vite, les pompiers, le Samu, la police sont sur place et constatent le décès. Très vite aussi, raconte un témoin, « les pompes funèbres sont arrivées ». Une enquête est ouverte, qui va tenter de déterminer les circonstances précises du drame. Le parquet de Bayonne estime, selon les premiers éléments de l’enquête, qu’il n’y aura pas de responsabilité pénale à rechercher.
C’est la seconde fois qu’un accident mortel de kitesurf se produit au Pays basque (voir encadré). En avril 2009, à moins d’une dizaine de kilomètres de la grande plage luzienne, un autre jeune homme avait perdu la vie sur la plage de l’Uhabia, à
Bidart, emporté lui aussi par une violente rafale.

SAINT-JEAN-DE-LUZ (Pyrénées-Atlantiques) — La dangerosité du kitesurf – surf tiré par un cerf-volant, quelque 30.000 adeptes en France – a été mise en lumière dimanche avec un accident spectaculaire qui a coûté la vie à un jeune homme à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques).
L’accident s’est produit sur la plage de cette station balnéaire basque lorsque le jeune homme, rattaché à sa voile de kitesurf, a été projeté par une bourrasque contre le parapet de la plage puis jusqu’au sommet d’un immeuble d’où il a fait une chute mortelle.
Selon divers témoignages recueillis par les médias locaux et l’AFP, le jeune homme a été violemment projeté contre le parapet – rempart en pierre haut de 3 mètres environ qui borde la plage de Saint-Jean-de-Luz -, avant d’être aspiré par son cerf-volant vers le haut.
Il a été emporté jusqu’au sommet d’un immeuble résidentiel situé en face du Grand hôtel, heurtant une cheminée avant de faire une chute d’une quinzaine de mètres derrière la résidence, selon les témoins.

“Les accidents graves de kitesurf sont rarissimes et, de ce fait, extrêmement médiatisés”, commente Bénédicte Marie, présidente de la Ligue de kitesurf d’Aquitaine.
“Ce sport réputé extrême peut tout à fait être pratiqué de manière pépère”, ajoute-t-elle, soulignant que dans son propre club situé à Lacanau, au sud de Bordeaux, il y a un kitesurfeur âgé de seulement cinq ans et plusieurs autres qui ont “environ 65 ans”.
Pour ce qui concerne l’accident survenu à Saint-Jean-de-Luz, dont les circonstances précises n’avaient pas encore pu être reconstituées lundi, Bénédicte Marie souligne que le Pays basque est une région “particulièrement dangereuse” du fait des vents “qui surviennent brusquement et peuvent être très violents, par bourrasques”.
Ce danger est beaucoup moins présent sur les principaux “spots” de kitesurf d’Aquitaine – littoral landais et Gironde -, d’autant que ces zones disposent de grands lacs sur lesquels les débutants peuvent s’entraîner en toute sécurité, “alors qu’au Pays basque, on démarre en plein océan”, souligne-t-elle.
Selon les données disponibles à la Ligue d’Aquitaine, l’accident de dimanche et celui survenu dans des conditions comparables en avril 2009 quelques kilomètres plus au sud, à Bidart, sont les seuls mortels enregistrés en France au cours des dernières années.
“Avec les planches de surf au bord des plages ou les snowboards, les accidents sont permanents, et beaucoup de non-pratiquants sont blessés, mais on en parle moins”, indique encore Bénédicte Marie. Elle souligne les “énormes efforts” faits par sa fédération auprès des communes pour délimiter des zones d’entraînement pour le kitesurf.
Selon la présidente de la Ligue de kitesurf, les trois quarts des accidents se produisent lorsque les kitesurfeurs sont encore sur la plage, cerf-volant déployé, à l’entraînement au sec ou au bord de l’eau en préparant une sortie en mer.
Le matériel a beaucoup évolué pour améliorer la sécurité, souligne-elle. Il existe aujourd’hui deux systèmes de “décrochage” en situation de danger ou de perte de contrôle, le premier pour affaler la voile, lui faisant perdre toute capacité de traction, un autre pour la larguer complètement en cas d’urgence absolue.
source Dominique PETTIT (AFP)
Témoignage de Hugues qui naviguait aussi sur la plage au moment de l’accident :
“Nous étions 5 à l’eau, dont la victime. Tout le monde était en 12m² et naviguaient depuis une bonne heure. Adrien, qui était avec une Bandit 12m² et en directionnelle s’est fait également surprendre par une brusque et violente rafale env. 40 noeuds. Tout proche de la plage, il a tenté de rentrer pour poser en catastrophe. Mais s’est fait tracter sur toute la largeur de la plage, debout sur ces jambes, les mains sur la barre. Arrivé en bout de course, sans voir pu ou su déclencher sa sécurité, il est venu percuter le muret de la promenade. Sa voile est remontée soudainement au zénith le soulevant d’un coup à 5-6 mètres de hauteur. passant par dessus la digue et au dessus du boulevard Thiers parallèle à la plage. Je pense qu’Adrien n’était pas conscient, il est monté le corps droit, les bras le long du corps, c’est à mi hauteur, qu’il a eu un soubresaut et a repris la barre en main. Il est remonté a nouveau jusqu’à percuter le haut de l’immeuble de 8 étages situé de l’autre coté du boulevard, puis une des cheminée, pour passer par dessus et atterrir sur le toit d’une maison située derrière l’immeuble. Je n’ai eu que le temps de rentrer, poser mon aile et courir derrière le bâtiment pour constater l’atrocité de la situation. Adrien avait son harnais sur lui contrairement à ce qu’annonce la presse et le largueur s’était ouvert sous la violence du choc a l’atterrissage. Je tiens à transmettre toutes mes condoléances à sa famille et ses proches. Malgré 8 ans de pratique, je suis choqué par la rapidité et la violence de cet accident. Adrien nous ne nous connaissions pas, mais tu resteras à tout jamais dans ma mémoire.” Hugues